Galerie
Une exploration artistique entre mythologie grecque et
représentations néolithiques, à travers la sculpture, l’aquarelle et
l’encre de Chine
Mes oeuvres
C'est par le biais d'études de philosophie à la faculté de Poitiers que j'ai d'abord été sensibilisé à la culture grecque; puis les voyages et les lectures et quelques années aux Beaux Arts de Poitiers ont fait leur travail souterrain. Mais ce qui m'a le plus fasciné est la mythologie de cette civilisation toujours vivante dans la nôtre (Oedipe, Sisyphe, Dionysos et la cuisse de Jupiter(Zeus)). Et j'ai entrepris de partager le nombre infini d'images suscitées en moi. C'est aussi dans une perspective didactique et de partage que je dessine à l'encre de Chine aquarellée les épisodes célèbres ou obscurs, tragiques ou comiques, de cette série de contes, fondements de notre culture. L'aspect poétique et en même temps souvent violent m'a séduit dans ces textes. Et il n'y a pas eu loin de Nietzsche à la tragédie, de la tragédie à Dionysos et de Dionysos à un monde peuplé de dieux et de conception du monde que je ressens comme métaphore et poésie. Que dire des métamorphoses sinon les dessiner avec spontanéité grâce aux traces laissées dans mon inconscient par cette littérature! Depuis de nombreuses années je suis habité par ce monde onirique et profond et ai réalisé plus de cent quarante dessins à ce jour. Cette série commencée en 2014 est composée actuellement de 143 dessins dont les formats varient de 180x170mm à 885x595mm hors cadre. Elle s'enrichit toujours aujourd'hui.
La série «Vénus, Idoles et Déesses» est conçue comme un hommage aux artistes néolithiques ou antiques inconnu(e)s qui ont fait acte de création et d'imagination pour représenter leur vision de la féminité, de ses attributs, ses pouvoirs et ses mystères. Ce travail s'inscrit aussi dans une démarche didactique car toutes ces Vénus, Idoles et Déesses qui viennent non seulement de diverses périodes lointaines, mais aussi de nombreuses civilisations différentes, n'ont jamais eu la chance d'être réunies et rendues visibles (la plupart ne font que quelques centimètres). J'ai choisi l'encre de chine (noire et brune; couleurs chthoniennes à l'instar de ces sculptures ) pour sa simplicité et sa longue histoire, ainsi qu'un graphisme qui met à distance, par son parcours erratique sur le papier aquarelle, notre regard comme un dessin pariétal flou qui pousse à travers ces entrelacs et méandres à révéler un sens et des sentiments venus de la nuit des temps. Quant aux encadrements, il sont à la fois simples (passe-partout en carton sans acide) et précieux (cadre bois mouluré et doré) cela afin de rendre prestigieuses ces images d'oeuvres brutes, millénaires et anonymes. Je ressens mon appartenance à cette généalogie immémorielle et lui témoigne ainsi le respect que je veux faire partager. La série commencée début 2019 est composée aujourd'hui d'une quarantaine de dessins dont les formats varient de 140x115mm à 950x870mm.Elle évolue toujours.
Quand je vivais dans le Poitou, je sculptais sur du calcaire (pierre de Bonnillet, de Chauvigny et de Bourgogne). Installé dans les Pyrénées, j'utilise la grande variété des marbres qui permettent plus de détails et des finitions de surface différentes. Les inspirations premières sont toujours la mythologie grecque et les représentations du corps féminin des âges immémoriaux. Avec le marbre je retrouve une petite connivence avec les sculpteurs de la Grèce antique et nos prédécesseurs néolithiques. Les portraits des héros ou des dieux grecs sont inventés après des lectures où leurs traits m'apparaissent (tristesse de l'abandon pour Ariane, brutalité d'Achille, tourments psychologiques de Médée, cécité d'Oedipe...). La série des sculptures des vénus vient d'images (musées, internet) qui m'ont sensibilisé à cette représentation du corps féminin si urgente et particulière que nos ancêtres utilisaient. Ce fut le point de départ d'une création personnelle mélangeant les temporalités et les plastiques. Le marbre est un formidable vecteur de la sensualité des formes de ces idoles féminines et le grès rappelle que la Vénus de Malte est une petite terre cuite. Ces deux pôles d'inspiration mes semblent des univers infinis de création et génèrent continuellement des images. Le bronze m'a permis de façonner (vénus oiseau égyptienne) ce que je ne pensais pas pouvoir réaliser en marbre. Il m'est apparu que toutes ce techniques sont complémentaires pour qu'advienne la réalisation d'une idée et nos précurseurs néolithiques ne s'y sont pas trompé en sculptant indifféremment os, ivoire, calcaire,stéatite et terres cuites d'argile pour en sortir urgemment leur concept du corps féminin. Et comme eux, je veux m'inscrire dans ce flux d'humains qui font sortir une idée de la matière à la lumière.
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